{"id":152,"date":"2022-01-28T15:17:20","date_gmt":"2022-01-28T06:17:20","guid":{"rendered":"http:\/\/peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/?p=152"},"modified":"2022-05-11T11:50:39","modified_gmt":"2022-05-11T02:50:39","slug":"%e5%85%ab%e9%87%8d%e5%b1%b1%e3%81%ae%e5%a4%a7%e5%9c%b0%e3%82%92%e5%88%87%e3%82%8a%e6%8b%93%e3%81%84%e3%81%9f%e5%8f%b0%e6%b9%be%e7%b3%bb%e7%a7%bb%e4%bd%8f%e8%80%85%e3%81%ae%e8%8b%a6%e9%9b%a3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/archive\/152\/","title":{"rendered":"La vie des immigrants ta\u00efwanais, d\u00e9fricheurs des \u00eeles Yaeyama"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>Immigrer de Ta\u00efwan en famille<\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 \u00e0 Ohara sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Iriomote, J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Takeda sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki, et j&rsquo;ai toujours v\u00e9cu \u00e0 Takeda. Mon p\u00e8re, Ryo Kenpuku (Chien-Fu Liao), a immigr\u00e9 \u00e0 Ishigaki depuis Taichung, Ta\u00efwan en 1937. Il est d&rsquo;abord venu seul, mais il s&rsquo;est rapidement install\u00e9, et il a pu faire venir sa famille. Quand la guerre a \u00e9clat\u00e9, ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Iriomote Island, o\u00f9 je suis n\u00e9. Puis juste apr\u00e8s la guerre, nous sommes retourn\u00e9s \u00e0 Nagura, sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki o\u00f9 la Ishigakijima Sugar Manufacturing Company est maintenant situ\u00e9e. Mon p\u00e8re cultivait des patates douces : avec le retour des habitants \u00e0 la fin de la guerre il y aurait des p\u00e9nuries alimentaires. Mon p\u00e8re a rapidement augment\u00e9 sa production. Il gagnait beaucoup d&rsquo;argent de cette fa\u00e7on.<\/p>\n<p>L&rsquo;industrie de l&rsquo;ananas sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki<\/p>\n<p>Avec cet argent, il s&rsquo;est lanc\u00e9 dans la culture de l&rsquo;ananas et a construit une conserverie. On avait toujours des employ\u00e9s log\u00e9s sur place. Vingt personnes assises autour d&rsquo;une longue table, on mangeait tous ensemble. Mon p\u00e8re avait une bonne raison de construire une conserverie d&rsquo;ananas sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki. En 1935, une soci\u00e9t\u00e9 appel\u00e9e Daido Takushoku a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e avec des capitaux ta\u00efwanais. Le responsable de l&rsquo;entreprise, s&rsquo;appelait M. Lin Patsu (Fa Lin). Il recrutait des employ\u00e9s agricoles \u00e0 Taiwan pour travailler \u00e0 Ishigaki. La plupart de ces gens ne savaient ni lire ni \u00e9crire. Mais mon p\u00e8re avait re\u00e7u une \u00e9ducation japonaise, \u00e0 Taiwan, ce qui en faisait un ouvrier tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9, \u00e0 l&rsquo;usine d&rsquo;ananas. Sa situation s&rsquo;est vite am\u00e9lior\u00e9e et il a pu faire venir sa famille de Ta\u00efwan. L&rsquo;industrie de l&rsquo;ananas \u00e0 commenc\u00e9 en 1935, Et en 1938, la conserverie tournait d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Crise dans la fili\u00e8re de l&rsquo;ananas<\/p>\n<p>Mais en 1941, la production d&rsquo;ananas a \u00e9t\u00e9 interdite par l&rsquo;arm\u00e9e japonaise. On a dit aux gens de ne pas produire d&rsquo;ananas parce que c&rsquo;\u00e9taient un produit de luxe. Et puis, avec la p\u00e9nurie de m\u00e9tal il \u00e9tait devenu impossible de se fournir en bo\u00eetes de conserve. L&rsquo;usine a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme caserne par l&rsquo;Arm\u00e9e japonaise. Alors les Ta\u00efwanais ont commenc\u00e9 \u00e0 produire des bananes, des cacahu\u00e8tes et du th\u00e9. Mais les contrema\u00eetres agricoles ta\u00efwanais n&rsquo;avaient pas renonc\u00e9 aux ananas, et leur ont dit de cacher les plants d&rsquo;ananas dans les montagnes,pour qu&rsquo;ils continuent \u00e0 donner des gra\u00eenes.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re est rentr\u00e9 \u00e0 Ishigaki depuis Iriomote imm\u00e9diatement apr\u00e8s la guerre pour reprendre la culture des ananas. Quand il a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Iriomote, mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d&rsquo;y pr\u00e9parer le sol pour la production agricole. Pour \u00e7a, il \u00e9tait parti avec trois buffles d&rsquo;eau en remorque. A la fin de la guerre, il voulait absolument en ramener un \u00e0 Ishigaki, alors il a laiss\u00e9 les deux autres au capitaine du bateau pour payer son passage. Il a utilis\u00e9 ce buffle d&rsquo;eau pour commencer la culture de patates douces \u00e0 Nagura.<\/p>\n<p>Mouvement d&rsquo;expulsion de Ta\u00efwan<\/p>\n<p>Le buffle d&rsquo;eau avait \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 de Ta\u00efwan vers 1935. Mon p\u00e8re a dit que les habitants d&rsquo;Ishigaki craignaient que les Ta\u00efwanais avec leurs buffles d&rsquo;eau prennent toutes les terres arables de l&rsquo;\u00eele. Vers 1937, un mouvement pour l&rsquo;interdiction des buffles d&rsquo;eau a commenc\u00e9 Les buffles d&rsquo;eau ramen\u00e9s de Ta\u00efwan n&rsquo;\u00e9taient plus autoris\u00e9s \u00e0 d\u00e9barquer, sous pr\u00e9texte qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas re\u00e7us d&rsquo;inspection sanitaire. Le buffle d&rsquo;eau et l&rsquo;ananas \u00e9taient devenus la cible des habitants de l&rsquo;\u00eele, et il y a m\u00eame eu un mouvement r\u00e9clamait l&rsquo;expulsion des Ta\u00efwanais.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, en 1945, apr\u00e8s la d\u00e9faite du Japon, les Ta\u00efwanais du Japon ont perdu la nationalit\u00e9 japonaise et se sont retrouv\u00e9s apatrides: ils \u00e9taient devenus des \u00e9trangers. Le gouvernement des \u00eeles Yaeyama a adopt\u00e9 une politique d&rsquo;expulsion des Ta\u00efwanais des terres fertiles de Nagura, pour les confiner dans une zone touch\u00e9e par le paludisme end\u00e9mique. Mais mon p\u00e8re, lui, a pris l&rsquo;initiative de se porter volontaire pour cette relocalisation. La raison \u00e9tant que jusqu&rsquo;alors, mon p\u00e8re avait beaucoup b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de sa nationalit\u00e9 japonaise. Avec la d\u00e9faite japonaise, il \u00e9tait soudain devenu un \u00e9tranger Nous seulement il avait perdu la citoyennet\u00e9 et le droit de vote, mais s&rsquo;il continuait de louer la terre qu&rsquo;il cultivait, ils risquaient \u00e9galement de perdre le droit \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. La terre \u00e0 Takeda, en revanche, appartenait \u00e0 la ville d&rsquo;Ishigaki. Donc s&rsquo;ils la louaient et pouvaient convaincre la ville de vendre, la terre lui appartiendrait. Pensant que c&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9f\u00e9rable, mon p\u00e8re a pris l&rsquo;initiative d&rsquo;expliquer cela aux Ta\u00efwanais, et de recruter des volontaires pour d\u00e9m\u00e9nager \u00e0 Takeda.<\/p>\n<p>Lutter contre le paludisme<\/p>\n<p>J&rsquo;ai tr\u00e8s rarement entendu parler d&rsquo;un Ta\u00efwanais mourrant du paludisme. Il y a cette histoire tragiques de locaux qui avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s pendant plusieurs mois, pendant la guerre vers des villes proches de Takeda, comme Shiramizu, et dont beaucoup sont morts du paludisme. Mais je pense que tr\u00e8s peu de Ta\u00efwanais en sont morts. Je pense que la diff\u00e9rence \u00e9tait dans la nourriture. Les Ta\u00efwanais \u00e9taient particuli\u00e8rement forts pour obtenir des sources de prot\u00e9ines. Ils \u00e9levaient du b\u00e9tail comme des cochons et des poulets en plus de leurs champs, et les mangeaient pour leurs prot\u00e9ines. Ils p\u00eachaient \u00e9galement des anguilles et des tortues \u00e0 carapace molle et posaient des pi\u00e8ges \u00e0 sangliers. L&rsquo;\u00eele avait beaucoup de sources naturelles de prot\u00e9ines de ce genre \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. mais les locaux ne les ont jamais adopt\u00e9es. Je pense que cette diff\u00e9rence dans la culture alimentaire est pour beaucoup dans l&rsquo;\u00e9cart de r\u00e9sistance au paludisme entre les Ta\u00efwanais et les locaux.<\/p>\n<p>Ma famille exploitait une ferme et une conserverie d&rsquo;ananas, il y avait toujours des employ\u00e9s qui vivaient en pension. Les gens venus de Miyako ou de l&rsquo;\u00eele principale contractaient tout de suite la maladie. A cette \u00e9poque, les autorit\u00e9s essayaient d&rsquo;\u00e9radiquer la maladie. Avec le soutien de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine, ils donnaient des m\u00e9dicaments, \u00e9pandait du DDT (pesticide) st\u00e9rilisaient les rivi\u00e8res o\u00f9 les moustiques se reproduisaient. Ils ont pris toutes sortes de mesures. Cela a dur\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s jusqu&rsquo;\u00e0 mon entr\u00e9e au coll\u00e8ge. Des drapeaux rouges \u00e9taient hiss\u00e9s \u00e0 certains endroits pour signaler la pr\u00e9sence de patients atteints de paludisme. Le drapeau du paludisme \u00e9tait souvent hiss\u00e9 \u00e0 la maison. Apr\u00e8s une p\u00e9riode sans sympt\u00f4mes, les malades \u00e9taient pris de frissons. Personne n&rsquo;en est mort mais les gens qui venaient d&rsquo;ailleurs \u00e9taient plus atteints.<\/p>\n<p>Le reconstruction et les colons de la de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre<\/p>\n<p>Les Ta\u00efwanais avaient commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9fricher de nouvelles terres \u00e0 Nagura vers 1935. Ce sont les Ta\u00efwanais qui ont cr\u00e9\u00e9 les rizi\u00e8res et construit les remblais dans ce voisinage. Bien qu&rsquo;ils aient tous travaill\u00e9 dur pour d\u00e9velopper la production agricole, Ils sont rentr\u00e9s \u00e0 Ta\u00efwan en 1944. Autrement dit, les Ta\u00efwanais ont quitt\u00e9 les terres qu&rsquo;ils avaient mis 10 ans \u00e0 mettre en culture.<\/p>\n<p>Les Ta\u00efwanais ne pouvaient pas revenir, ainsi d&rsquo;autres \u00ab immigrants \u00bb ont pris possession des champs vides de Nagura. Les terres que les Ta\u00efwanais avaient d\u00e9frich\u00e9es \u00e9taient de tr\u00e8s bonnes terres arables. Beaucoup de ces terres furent lou\u00e9es en fermage pour la culture des ananas ou de la canne \u00e0 sucre. Beaucoup de gens s&rsquo;y sont install\u00e9s. La plupart des nouveaux colons \u00e0 Nagura \u00e9taient de Miyako, ensuite venaient les gens de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Okinawa, puis d&rsquo;autres endroits comme l&rsquo;\u00eele de Yonaguni. C&rsquo;\u00e9tait pareil dans nos \u00e9coles, D\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9cole primaire, il arrivait de nouveaux \u00e9l\u00e8ves pratiquement tous les jours. Certains sont rest\u00e9s jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;obtention du dipl\u00f4me, mais beaucoup de mes nouveaux camarades sont repartis en cours de route. Certains venaient s&rsquo;installer en amille, construisaient leur hutte, commen\u00e7aient \u00e0 travailler, puis r\u00e9alisaient que ce n&rsquo;\u00e9tait pas pour eux, que la vie ici ne leur convenait pas, et ils repartaient pour s&rsquo;installer ailleurs. A cette \u00e9poque-l\u00e0, certains vendaient \u00e9galement leurs enfants \u00e0 Itoman.<\/p>\n<p>Une \u00e9cole primaire a \u00e9t\u00e9 construite \u00e0 Nagura (Takeda) \u00e0 la fin de la guerre. en \u00e0 peine cinq ou six ans, l&rsquo;effectif a atteint 300 enfants. Il n&rsquo;y avait pas assez de manuels ou de salles de classe. Alors une ou deux fois par an, les parents se r\u00e9unissaient pour construire des cabanes pour l&rsquo;\u00e9cole et creuser des puits. Depuis la fin du primaire jusqu&rsquo;au coll\u00e8ge, il y avait \u00e9galement \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole une grande ferme, o\u00f9 nous passions plusieurs heures par semaine \u00e0 travailler dans les champs de canne \u00e0 sucre. Nous travaillions pour que l&rsquo;\u00e9cole puisse acheter un piano.<\/p>\n<p>De nombreux nouveaux arrivants se sont \u00e9galement install\u00e9s dans le nord et l&rsquo;est d&rsquo;Ishigaki de la fin des ann\u00e9es 40 au d\u00e9but des ann\u00e9es 50. Ces gens voulaient faire pousser des ananas, mais ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;argent pour acheter des plants. Mon p\u00e8re lui, en avait beaucoup. Quand j&rsquo;\u00e9tais coll\u00e9gien, Je ne sortais pas jouer pendant les vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Je passais mes journ\u00e9es \u00e0 aider mon p\u00e8re \u00e0 compter les plants et \u00e0 les remettre aux exploitants. Aux gens qui n&rsquo;avaient pas d&rsquo;argent, mon p\u00e8re pr\u00eatait des plans, qu&rsquo;il r\u00e9cup\u00e9rait apr\u00e8s la r\u00e9colte pour les pr\u00eater au prochain cultivateur. A cause de cela, nous n&rsquo;avions jamais d&rsquo;argent \u00e0 la maison. En 1950 est n\u00e9e la Ryukyu Kanzume une grande entreprise regroupant 4 conserveries dont celle de M. Fa Lin, et celle de mon p\u00e8re. Pour cela, mon p\u00e8re faisait planter des ananas aux producteurs en leur promettant d&rsquo;acheter toute leur r\u00e9colte. Mon p\u00e8re \u00e9tait responsable de la production des ananas, et il en cultivait lui-m\u00eame. Il a fait construire une maison de 250 m\u00e8tres carr\u00e9s, pour 1,2 million de yens de l&rsquo;\u00e9poque (yen militaire de type B). Il comptait sur la vente de ses ananas pour payer la maison, mais les usines ne pouvaient pas suivre l&rsquo;augmentation de la production et beaucoup d&rsquo;ananas ont pourri. A cause de sa position de chef d&rsquo;usine, mon p\u00e8re ne pouvait pas donner la priorit\u00e9 \u00e0 sa propre production. Il a laiss\u00e9 ses propres ananas pourrir et les a tous jet\u00e9s. Puisqu&rsquo;il ne gagnait d&rsquo;argent ni avec ses plants ni avec ses ananas, notre famille a \u00e9tait rapidement ruin\u00e9e.<\/p>\n<p>Apatrides<\/p>\n<p>La situation concernant notre nationalit\u00e9 a connu divers retournements. Mon p\u00e8re s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 Ishigaki avant la guerre en tant que citoyen japonais. Avec la d\u00e9faite, il a perdu la nationalit\u00e9 japonaise. Il est devenu un \u00e9tranger. Suite \u00e0 cela, nous avions toujours notre titre de s\u00e9jour sur nous.<\/p>\n<p>D\u00e8s ma premi\u00e8re ann\u00e9e de lyc\u00e9e, j&rsquo;ai plusieurs fois \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 comme repr\u00e9sentant de notre club agricole pour donner des pr\u00e9sentations dans le reste du Japon. Mais je n&rsquo;avais pas de passeport, alors ils ne m&rsquo;ont jamais envoy\u00e9. Je suis n\u00e9 \u00e0 Yaeyama et j&rsquo;\u00e9tais japonais \u00e0 la naissance, mais avec l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur du trait\u00e9 de San Francisco, ma nationalit\u00e9 japonaise m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e. J&rsquo;\u00e9tais dipl\u00f4m\u00e9 d&rsquo;un lyc\u00e9e agricole, et comme la propri\u00e9t\u00e9 de mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 saisie, j&rsquo;ai d\u00fb me lancer dans l&rsquo;agriculture moi aussi. Comme je n&rsquo;avais pas la nationalit\u00e9 japonaise je n&rsquo;ai pu b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;aucun programmes d&rsquo;aides, et ni d&rsquo;aucun emprunt public. Ensuite, il y avait le probl\u00e8me du mariage. Si j&rsquo;\u00e9pousais une japonaise, J&rsquo;\u00e9tais extr\u00eamement inquiet que tout nos soient consid\u00e9r\u00e9s ill\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re avait re\u00e7u une \u00e9ducation japonaise. avant la guerre et \u00e9tait pro-japonais. Il pensait que ses enfants ne retourneraient pas \u00e0 Ta\u00efwan. Son objectif num\u00e9ro un \u00e9tait donc de les faire naturaliser d\u00e8s que possible. Il y avait une permanence du minist\u00e8re de la Justice \u00e0 Naha. Mon p\u00e8re leur a plusieurs fois envoy\u00e9 des dossiers de demande de naturalisation. Ce n&rsquo;est que lors de ma deuxi\u00e8me ann\u00e9e au lyc\u00e9e qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9s. Seules cinq familles avaient fait la demande. On nous demander d&rsquo;obtenir des autorit\u00e9s de Ta\u00efwan un certificat attestant que nous avions renonc\u00e9 \u00e0 notre citoyennet\u00e9. mais comment nous sommes n\u00e9s \u00e0 Yaeyama, nous n&rsquo;avions pas d&rsquo;\u00e9tat civil ta\u00efwanais ni aucun moyen d&rsquo;obtenir le certificat. Mon p\u00e8re persistait : \u00ab\u00a0Nous sommes arriv\u00e9s au Japon en tant que Japonais avant la guerre, puis le Japon a perdu la guerre, et nous avons perdu la nationalit\u00e9. Alors acceptez notre demande en tant qu&rsquo;apatrides.\u00a0\u00bb Et ils ont accept\u00e9s nos dossiers.<\/p>\n<p>Mais mon p\u00e8re nous a dit: \u00ab Je suis d\u00e9j\u00e0 vieux, donc je n&rsquo;en ai plus pour longtemps. Je n&rsquo;en ai pas besoin. Mais vous, vous devriez vous naturaliser. \u00bb Il a d\u00e9sign\u00e9 mon fr\u00e8re a\u00een\u00e9 comme chef de famille. et a d\u00e9pos\u00e9 nos demandes de naturalisation. Il a envoy\u00e9 des demandes pour tous nos fr\u00e8res et s\u0153urs, mais les demandes pour moi, ma petite soeur et mes trois petits fr\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es. Si mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 inclus comme chef de famille, nous aurions tous pu \u00eatre accept\u00e9s, puisque mon fr\u00e8re \u00e9tait le chef de famille, ceux d&rsquo;entre nous qui \u00e9taient mineurs ne pouvaient pas \u00eatre naturalis\u00e9s. Quand j&rsquo;ai eu 20 ans j&rsquo;ai fait ma demande imm\u00e9diatement et elle a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e en un an. Mon fils est n\u00e9 en septembre de cette ann\u00e9e-l\u00e0, juste apr\u00e8s que ma naturalisation soit reconnue. Si ma naturalisation n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e, mon fils serait n\u00e9 ill\u00e9gitime, et sans la nationalit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;Apr\u00e8s-guerre en tant qu&rsquo;immigrants ta\u00efwanais<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, nous avons eu beaucoup de soucis. Les Japonais \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des citoyens de premi\u00e8re classe, les Okinawa\u00efens de deuxi\u00e8me classe et les Ta\u00efwanais de troisi\u00e8me classe. Les Ta\u00efwanais ont beaucoup donn\u00e9 d&rsquo;eux, avant, pendant et apr\u00e8s la guerre. Ils ont apport\u00e9 l&rsquo;industrie de l&rsquo;ananas au Japon, mais aussi bien l&rsquo;ananas que les buffles d&rsquo;eau ont \u00e9t\u00e9 interdits pendant un temps. Il ne faisait pas bon \u00eatre Ta\u00efwanais \u00e0 Okinawa \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Cependant, nous aimons toujours cette \u00eele et nous vivons ici. Cette \u00eele nous a fourni un travail gratifiant, et rien que \u00e7a, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 une ressource qui nous a donn\u00e9 les bases du succ\u00e8s. Je crois que comparativement, nous avons d\u00fb faire face \u00e0 plus de difficult\u00e9s que la population locale, mais je suis tr\u00e8s heureux et reconnaissant, nos efforts ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9s.<\/p>\n<p>Message pour la jeunesse<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, nous faisions d&rsquo;excellents ananas \u00e0 Takeda m\u00eame des mangues. En implantant \u00e0 Ishigaki, toutes sortes de fruits ta\u00efwanais nous pouvons faire de cette terre un paradis d&rsquo;arbres fruitiers. C&rsquo;est pourquoi le sol de Yaeyama est une ressource extr\u00eamement pr\u00e9cieuse. Je ne ressens aucune appr\u00e9ciation du gouvernement actuel envers l&rsquo;agriculture. Aujourd&rsquo;hui on nous dit que la paix d\u00e9pend de notre force de dissuasion. Mais plut\u00f4t que menacer de guerre pour avoir la paix, je crois qu&rsquo;il est plus important de s&rsquo;entendre avec son prochain. Ce dont le monde a besoin maintenant ce n&rsquo;est pas que chacun tire la couverture \u00e0 soi, mais que l&rsquo;on partage. Est-ce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de rendre le mondre plus pacifique non pas par la dissuasion mais par une diplomatie plus bienveillante ? C&rsquo;est ce que je voudrais que les jeunes comprennent.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Le p\u00e8re de M. Nagamasa Shimada, Ryo Kenpuku, immigr\u00e9 \u00e0 Yaeyama avant la guerre de Taichung \u00e0 Taiwan et a cr\u00e9\u00e9 la fondation pour l&rsquo;industrie de l&rsquo;ananas. En tant que descendant d&rsquo;immigrants ta\u00efwanais, n\u00e9 sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki, M. Nagamasa a pu obtenir la nationalit\u00e9 japonaise apr\u00e8s avoir combattu l&rsquo;apatridie. Depuis lors, M. Nagamasa a adopt\u00e9 des techniques agricoles avanc\u00e9es. \u00e0 travers leurs relations ta\u00efwanaises et travaille au d\u00e9veloppement de la culture des fruits Yaeyama.<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Immigrer de Ta\u00efwan en famille Je suis n\u00e9 \u00e0 Ohara sur l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Iriomote, J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Take [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-152","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152"}],"version-history":[{"count":21,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":901,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152\/revisions\/901"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=152"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=152"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}