{"id":154,"date":"2022-01-28T15:18:15","date_gmt":"2022-01-28T06:18:15","guid":{"rendered":"http:\/\/peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/?p=154"},"modified":"2022-05-23T11:51:16","modified_gmt":"2022-05-23T02:51:16","slug":"%e4%bc%91%e6%88%a6%e3%83%bb%e6%95%97%e6%88%a6%e3%83%bb%e7%b5%82%e6%88%a6%e3%81%a8%e7%a7%81%e3%81%ae%e6%88%a6%e5%be%8c","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/archive\/154\/","title":{"rendered":"Armistice, d\u00e9faite, et mes ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>Evacuation vers Ta\u00efwan<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re travaillait dans un observatoire m\u00e9t\u00e9orologique, la station m\u00e9t\u00e9o de l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki. Cependant, au retour d&rsquo;une formation \u00e0 Tokyo le 19 mars 1943, le bateau sur lequel il \u00e9tait \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par un sous-marin am\u00e9ricain au large de Ta\u00efwan et a coul\u00e9. Mon p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 port\u00e9 disparu. Ma m\u00e8re \u00e9tait une femme au foyer, mais apr\u00e8s notre \u00e9vacuation vers Ta\u00efwan elle a travaill\u00e9 pour la compagnie Meiji Seito, au service Achats d&rsquo;une raffinerie de sucre \u00e0 Madou dans la r\u00e9gion de Tainan. Nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9s vers Ta\u00efwan en septembre 1944. Peu apr\u00e8s notre arriv\u00e9e \u00e0 Madou,<\/p>\n<p>Frappes a\u00e9riennes sur Ta\u00efwan<\/p>\n<p>les frappes a\u00e9riennes am\u00e9ricaines ont d\u00e9but\u00e9 vers le 13 octobre, alors que nous \u00e9tions en train de creuser un abri anti-bombes pr\u00e8s de notre maison. Comme nous n&rsquo;avions nulle part o\u00f9 nous \u00e9chapper, Nous nous sommes cach\u00e9s pr\u00e8s d&rsquo;un canal d&rsquo;irrigation dans une conduite d&rsquo;eau d&rsquo;environ un m\u00e8tre de diam\u00e8tre, De l\u00e0 nous avons assist\u00e9 \u00e0 un combat entre les avions de chasse am\u00e9ricains Grumman et les Z\u00e9ros japonais. Encore au dessus volaient les bombardiers B-29. Des Z\u00e9ros noirs tentaient de descendre les bombardiers B-29, ils montaient rapidement, mais ne pouvaient pas atteindre l&rsquo;altitude o\u00f9 volaient les B-29. Ils ont \u00e9t\u00e9 abattus par les B-29. C&rsquo;est si impressionnant que j&rsquo;en avais le souffle coup\u00e9. Les Grumman passaient \u00e0 basse altitude et tiraient \u00e0 la mitrailleuse. En plus des B-29, il y avait aussi les bombardiers B-24, qui pouvaient descendre jusqu&rsquo;\u00e0 200 \u00e0 300 m\u00e8tres, pour larguer de grosses bombes. La raffinerie de sucre avait une chemin\u00e9e : les Am\u00e9ricains l&rsquo;ont pris pour une usine militaire et l&rsquo;ont prise pour cible. Le bombardement a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement intense.<\/p>\n<p>A Madou, o\u00f9 nous habitions, il y avait un a\u00e9rodrome \u00ab cach\u00e9 \u00bb, juste une piste d&rsquo;atterrissage. Les Am\u00e9ricains l&rsquo;ont attaqu\u00e9, et j&rsquo;y suis all\u00e9 en esp\u00e9rant ramasser des douilles en souvenir. Mais alors que je marchais le long d&rsquo;une route au milieu des cannes \u00e0 sucre, j&rsquo;ai soudain entendu un grondement approcher. Quand je me suis retourn\u00e9, Un avion de chasse P-38 am\u00e9ricain volait vers nous \u00e0 tr\u00e8s basse altitude. J&rsquo;ai paniqu\u00e9 et je me suis cach\u00e9 dans un foss\u00e9 au bord de la route. J&rsquo;ai couvert mes oreilles et je me suis allong\u00e9 comme on m&rsquo;avait appris \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Apr\u00e8s que l&rsquo;avion soit pass\u00e9 j&rsquo;ai lev\u00e9 la t\u00eat\u00e9. Sur la route o\u00f9 je marchais, il y avait des impacts de balles et des volutes de poussi\u00e8res. J&rsquo;ai pris peur et rebrouss\u00e9 chemin. En chemin, j&rsquo;ai vu un buffle qui avait \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par le tir de la mitrailleuse. La balle l&rsquo;avait transperc\u00e9 de part en part. Le trou d&rsquo;entr\u00e9e \u00e9tait \u00e9norme \u00e0 cause de la force d&rsquo;impact de la balle. Les intestins de la b\u00eate se r\u00e9pandaient sur le sol de la plaie ouverte. J&rsquo;imaginais les d\u00e9g\u00e2ts que \u00e7a pouvaitfaire sur un corps humain. Un \u00eatre humain aurait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 sur le coup. J&rsquo;avais \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la mort de justesse. Je suis surpris d&rsquo;avoir surv\u00e9cu.<\/p>\n<p>Armistice et fin de la guerre<\/p>\n<p>J&rsquo;ai appris la fin de la guerre alors que j&rsquo;\u00e9tais en cinqui\u00e8me ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole nationale (primaire). C&rsquo;\u00e9tait pendant les vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9, le 15 ao\u00fbt 1945. J&rsquo;\u00e9t\u00e9 perch\u00e9 dans un longanier pour en manger les fruits. Mon grand fr\u00e8re a cri\u00e9 d&rsquo;en bas : \u00ab La guerre est finie ! Euh nan, je voulais dire, c&rsquo;est une tr\u00eave ! \u00bb Je lui ai demand\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;une tr\u00e8ve : \u00ab C&rsquo;est quand on fait une pause pendant la guerre \u00bb. J&rsquo;avais du mal \u00e0 croire qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait plus de frappes a\u00e9riennes pendant un certain temps, Mais le soir m\u00eame, notre voisin m&rsquo;a dit : \u00ab Le Japon a perdu ! C&rsquo;est la d\u00e9faite \u00bb. En entendant cela, j&rsquo;\u00e9tais \u00e9prouv\u00e9, de la tristesse, et de la col\u00e8re. Enfant, cela me rendait triste d&rsquo;avoir perdu contre les \u00ab d\u00e9mons occidentaux \u00bb qui m&rsquo;avaient vol\u00e9 mon p\u00e8re.<\/p>\n<p>La guerre a pris fin en ao\u00fbt, au d\u00e9but, rien n&rsquo;a chang\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, j&rsquo;avais les m\u00eames professeurs. Mais peu apr\u00e8s, l&rsquo;Arm\u00e9e Nationale R\u00e9volutionnaire (de Chiang Kai-shek) est venu depuis la Chine continentale pour s&#8217;emparer de Ta\u00efwan, et le g\u00e9n\u00e9ral Chen Yi est devenu gouverneur de Ta\u00efwan. Peu avant son arriv\u00e9e \u00e0 Ta\u00efwan, le directeur et tous nos professeurs japonais ont \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9s \u00e0 la d\u00e9mission et remplac\u00e9s. Ils ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par des Ta\u00efwanais. On nous a enseign\u00e9 le mandarin. D&rsquo;abord, on nous a appris l&rsquo;hymne national de la R\u00e9publique de Chine, puis une chanson pour accueillir le g\u00e9n\u00e9ral Chen Yi \u00e0 Ta\u00efwan. Pendant un certain temps, nous avons \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9s en Chinois.<\/p>\n<p>Rapatriement depuis Ta\u00efwan<\/p>\n<p>Lorsque le rapatriement vers le Japon a commenc\u00e9, le nombre d&rsquo;\u00e9tudiants japonais a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9cliner. Notre famille est finalement rentr\u00e9e \u00e0 Ishigaki \u00e0 l&rsquo;hiver 1946. Les seuls bateaux pour Ishigaki partaient de Keelung (nord de Ta\u00efwan). Il nous a fallu une \u00e0 deux semaines en train pour aller de Ta\u00efnan \u00e0 Keelung. dans un wagon de marchandises. Les stations \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9es par les Chinois (Ta\u00efwanais). N\u00e9gocier avec les employ\u00e9s chinois et ta\u00efwanais prenait beaucoup de temps parce que l&rsquo;argent ne valait rien. Nous leur laissions en pots-de-vin nos effets personnels, comme des kimonos, et nous avons finaement r\u00e9ussi \u00e0 rejoindre \u00e0 Keelung. A notre arriv\u00e9e, nous ne connaissions personne et nous n&rsquo;avions nulle part o\u00f9 dormir. Nous avons mont\u00e9 une tente dans les vestiges d&rsquo;une usine de fabrication de glace qui avait \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9e. Nous y sommes rest\u00e9s longtemps. Puis apr\u00e8s quelques temps sur le port de Keelung, nous avons embarqu\u00e9 sur un bateau pour Ishigaki. C&rsquo;\u00e9tait un bateau de p\u00eache d&rsquo;environ 30 tonnes, venu de l&rsquo;\u00eele de Miyako. Nous y \u00e9tions avec une ou deux autres familles. Il nous a fallu 36 heures pour arriver \u00e0 l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki. La mer \u00e9tait agit\u00e9e et nous avons failli faire naufrage, mais nous sommes finalement arriv\u00e9s \u00e0 bon port.<\/p>\n<p>Le retour \u00e0 Ishigaki<\/p>\n<p>A Taiwan, les routes \u00e9taient larges, mais \u00e0 Ishigaki, c&rsquo;\u00e9taient des chemins couverts d&rsquo;herbe, et beaucoup plus \u00e9troits que dans mon souvenir. Il y avait un orphelinat tout pr\u00e8s de chez nous. La guerre avait fait beaucoup d&rsquo;orphelins. Nous avions apport\u00e9 beaucoup riz avec nous de Taiwan, mais une fois mang\u00e9, il ne nous restait pas grand-chose. Nous mangions des patates douces entre autres choses.<\/p>\n<p>Nous avons aussi mang\u00e9 des plantes sauvages, et les rations distribu\u00e9es par l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine. C&rsquo;\u00e9taient des rations de combat, du type qu&rsquo;on parachutait aux soldats de premi\u00e8re ligne pendant la guerre. C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9licieux. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je mangeais du beurre et, il y avait aussi du fromage et des crackers. Il y avait aussi des raisins secs. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 surpris que les soldats am\u00e9ricains mangent aussi bien au combat. \u00c0 cette \u00e9poque, il y avait ce savon \u00e0 lessive, \u00ab Adeka \u00bb : Le fromage \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s de la m\u00eame taille que les barres de savon Adeka. La grand-m\u00e8re d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 a confondu le fromage des rations avec ce savon. Elle s&rsquo;est plainte qu&rsquo;il ne moussait pas et l&rsquo;a laiss\u00e9 au bord du puits. Quand je lui ai demand\u00e9 ce qui n&rsquo;allait pas, Il m&rsquo;a dit que \u00ab ce savon ne mousse pas \u00bb. Alors j&rsquo;ai demand\u00e9 si je pouvais l&rsquo;avoir et puis je l&rsquo;ai ramen\u00e9 \u00e0 la maison, je l&rsquo;ai lav\u00e9 puis je l&rsquo;ai mang\u00e9 C&rsquo;\u00e9tait d\u00e9licieux.<\/p>\n<p>Paludisme et migrations planifi\u00e9es<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine a aid\u00e9 \u00e0 \u00e9radiquer le paludisme parce qu&rsquo;ils voulaient construire des bases militaires \u00e0 Kadena, Futenma et Naha. Ils saisissaient des terres, qui \u00e9taient confisqu\u00e9es \u00e0 leur propri\u00e9taire. les habitants en \u00e9taient expuls\u00e9s. Il y avait des Okinawa\u00efens qui revenaient de l&rsquo;\u00e9tranger et d&rsquo;autres r\u00e9gions du Japon, mais ils n&rsquo;avais nulle part o\u00f9 aller. Ils ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s vers les \u00eeles Yaeyama, o\u00f9 il y avait encore beaucoup de terrains. L&rsquo;immigration vers Yaeyama (Ishigaki et ses environs) a commenc\u00e9 vers 1950.<\/p>\n<p>Pour les habitants de l&rsquo;\u00eele principale et de Miyako, Ishigaki \u00e9tait synonyme de paludisme. A cette \u00e9poque, on appelait la maladie \u00ab f\u016bki \u00bb. Au d\u00e9but, tous ont refus\u00e9 de venir par peur de la maladie. L&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine devait d&rsquo;abord \u00e9radiquer le paludisme pour convaincre les gens de venir s&rsquo;installer ici. Ils distribuaient des m\u00e9dicaments aux malades, et \u00e9pendaient \u00e9galement du DDT (un insecticide) pour \u00e9radiquer les moustiques qui transmettent la maladie. A l&rsquo;\u00e9poque, il y avait un m\u00e9dicament antipaludique qui s&rsquo;appelait Atebrin. C&rsquo;\u00e9tait horriblement amer. A cette \u00e9poque, d\u00e8s que vous sortiez de la ville d&rsquo;Ishigaki vous \u00e9tiez en zone \u00ab \u00e0 risque \u00bb, mais la ville \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e s\u00fbre. A la sortie de la ville, il y avait un poste de contr\u00f4le sanitaire, dans une tente ou une cabane en chaume, avec une bouilloire et de l&rsquo;eau. Quand nous quittions la ville pour ramasser du bois de chauffage ou aller aux champs, le personnel du poste de contr\u00f4le ne laissait sortir personne tant qu&rsquo;il ou elle n&rsquo;avait pas pris d&rsquo;Atebrin. Il y avait beaucoup de points de contr\u00f4le comme celui-ci \u00e0 toutes les sorties de la ville. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;ils s&rsquo;assuraient que nous prenions nos m\u00e9dicaments contre le paludisme.<\/p>\n<p>Puis il y a eu l&rsquo;\u00e9radication des moustiques avec du DDT (insecticide). Le DDT \u00e9tait pulv\u00e9ris\u00e9 dans les maisons. o\u00f9 il y avait des moustiques. Mais il n&rsquo;y en avait pas beaucoup en ville. La vraie racine du probl\u00e8me, c&rsquo;\u00e9tait les \u00e9tangs et les rivi\u00e8res. Les Am\u00e9ricains y faisait donc goutter du DDT, comme une perfusion. Ils le dissolvaient du DDT dans du p\u00e9trole, dans des f\u00fbts de 18 litres, qu&rsquo;ils accrochaient \u00e0 un arbre. Ils per\u00e7aient un petit trou au fond du f\u00fbt, et la solution tombait goutte-\u00e0-goutte dans la rivi\u00e8re. Bien s\u00fbr, cela tuait les larves de moustique, mais \u00e9galement tout le reste : crevettes, petits poissons, carpes, tortues et anguilles&#8230; C&rsquo;\u00e9tait une catastrophe pour la nature, mais, le paludisme a bien \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9. Et sans le paludisme, les gens ont accept\u00e9 de venir s&rsquo;installer ici. La maladie semblait avoir disparu mais il y a eu des r\u00e9surgences. Des gens qui avaient emm\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Hoshino, ont \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9s par des moustiques alors qu&rsquo;ils travaillaient en for\u00eat, et ils ont contract\u00e9 la maladie.<\/p>\n<p>Le gouvernement civil des Ry\u016bky\u016bs cherchaient des volontaires pour s&rsquo;installer dans le village d&rsquo;Omoto. En 1952, j&rsquo;\u00e9tais en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de lyc\u00e9e, et j&rsquo;y suis all\u00e9 travailler pendant les vacances d&rsquo;\u00e9t\u00e9 pour aider \u00e0 d\u00e9fricher la zone. Notre travail en tant que lyc\u00e9ens consister \u00e0 grimper aux arbres et couper les grosses branches. Une fois l&rsquo;arbre coup\u00e9, les souches \u00e9taient arrach\u00e9ses au bulldozer. A Omoto, il y avait une ancienne caserne qui avait appartenu \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e japonaise. Elle ressemblait plus \u00e0 une porcherie. qu&rsquo;\u00e0 une caserne. Je logeais dedans, et j&rsquo;\u00e9tudiais la nuit \u00e0 la lueur de ma lampe. J&rsquo;ai v\u00e9cu comme \u00e7a pendant environ deux semaines, travaillant le jour, \u00e9tudiant la nuit. Mais \u00e0 la caserne, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9 par un moustique, et j&rsquo;ai attrap\u00e9 le paludisme pour la deuxi\u00e8me fois. La deuxi\u00e8me fois, j&rsquo;ai tr\u00e8s vite gu\u00e9ri. Je suis all\u00e9 tout de suite mieux gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Atebrin. Pour savoir si on \u00e9t\u00e9 infect\u00e9s, on pr\u00e9levait du sang au niveau de l&rsquo;oreille et on cherchait des parasites. J&rsquo;ai pris de l&rsquo;Atebrin, et j&rsquo;ai gu\u00e9ri tout de suite, Mais ma peau et mes yeux sont devenus jaunes. Je suis devenu jaune en deuxi\u00e8me ann\u00e9e de lyc\u00e9e. \u00ab Peau jaune \u00bb, c&rsquo;\u00e9tait devenu mon surnom.<\/p>\n<p>La station m\u00e9t\u00e9o apr\u00e8s la guerre<\/p>\n<p>Il y avait quatre stations m\u00e9t\u00e9orologiques \u00e0 Ishigaki, Miyako, Minamidait\u014d, et Naze (\u00e0 Amami Oshima). Il y en avait \u00e9galement une sur l&rsquo;\u00eele principale, mais apr\u00e8s la guerre, elle est devenue l&rsquo;Observatoire m\u00e9t\u00e9orologique de Kadena sous contr\u00f4le de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine, et non du Japon. Ishigaki, Miyako et Minamidait\u014d \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9 par le gouvernement japonais depuis la guerre jusqu&rsquo;en 1949. Il y avait d&rsquo;autres stations qui d\u00e9pendaient des \u00c9tats-Unis ou des autorit\u00e9s locales, mais ces trois-l\u00e0 \u00e9taient sous la juridiction du gouvernement japonais. Fournitures de bureau, machines, salaires tout \u00e9tait exp\u00e9di\u00e9 par bateau depuis l&rsquo;Observatoire centrale, en m\u00e9tropole. Il y avait un bateau d&rsquo;observation, le Ry\u014df\u016bmaru, qui passait par Amami, Miyako, Ishigaki et enfin Minamidait\u014d, avant de retouner en m\u00e9tropole, sans passer par l&rsquo;\u00eele principale d&rsquo;Okinawa. Tous les livres sur la d\u00e9mocratie qui circulaient juste apr\u00e8s la guerre entraient \u00e0 Okinawa par ce bateau, toute la \u00ab culture \u00bb, \u00e7a arrivait par le Ry\u014df\u016bmaru. C&rsquo;est pour \u00e7a que les nouvelles de la m\u00e9tropole atteignaient les \u00eeles Sakishima (Yaeyama et Miyako) avant l&rsquo;\u00eele principale. A cette \u00e9poque, le personnel de la station m\u00e9t\u00e9o \u00e9taient mieux pay\u00e9s que les maires.<\/p>\n<p>La reconstruction a commenc\u00e9 apr\u00e8s 1950. Elle a commenc\u00e9 quand les routes ont \u00e9t\u00e9 construites, que les \u00ab migrants \u00bb de l&rsquo;\u00eele principale se sont install\u00e9s, et que la vie des \u00eeles a progressivement chang\u00e9.<\/p>\n<p>Message pour la jeunesse<\/p>\n<p>Je pense que les Japonais doivent \u00eatre conscients qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre moyen de construire la paix que de respecter la Constitution. Je pense que c&rsquo;est la premi\u00e8re chose \u00e0 comprendre. Tant que nous nous conformons \u00e0 la Constitution japonaise, aucun pays ne devrait nous attaquer. Je crois que c&rsquo;est en pratiquant une telle diplomatie que l&rsquo;on construit la paix.<\/p>\n<hr \/>\n<p>Apr\u00e8s le lyc\u00e9e, M. Yuzuru Masaki a suivi le m\u00eame chemin que son p\u00e8re, M. Tsutomu Masaki. Il a travaill\u00e9 pour plusieurs observatoires m\u00e9t\u00e9orologiques dans tout le Japon pendant 41 ans. Il a \u00e9galement fait partie du groupe de recherche sur les \u00eeles Senkaku mandat\u00e9 par le gouvernement civil des Ry\u016bky\u016bs et a contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude g\u00e9ologique de l&rsquo;\u00eele de Sakishima.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, a \u00e9crit et pr\u00e9sent\u00e9 l&rsquo;importance de la nature \u00e0 travers Saijiki (termes saisonniers) de Yaeyama utilis\u00e9 dans le ha\u00efku et la po\u00e9sie.<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Evacuation vers Ta\u00efwan Mon p\u00e8re travaillait dans un observatoire m\u00e9t\u00e9orologique, la station m\u00e9t\u00e9o de l&rsquo;\u00ee [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-154","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":943,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154\/revisions\/943"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=154"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=154"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}