{"id":163,"date":"2022-01-28T15:23:09","date_gmt":"2022-01-28T06:23:09","guid":{"rendered":"http:\/\/peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/?p=163"},"modified":"2022-05-14T12:06:49","modified_gmt":"2022-05-14T03:06:49","slug":"%e9%81%a5%e3%81%8b%e6%b5%b7%e3%82%92%e8%b6%8a%e3%81%88%e3%81%a6%e3%80%80%e7%a7%81%e3%81%ae%e6%ad%a9%e3%82%93%e3%81%a0%e6%88%a6%e5%be%8c","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/archive\/163\/","title":{"rendered":"Par-del\u00e0 les mers : ma vie apr\u00e8s la guerre"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p>De Miyako \u00e0 Ta\u00efwan<\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 en 1928, sur l&rsquo;\u00eele de Miyako, pr\u00e8s du port d&rsquo;Harimizu (actuel port de Hirara). Je suis le cinqui\u00e8me d&rsquo;une fratrie de sept enfants, et le troisi\u00e8me gar\u00e7on. Mon p\u00e8re \u00e9tait marchand de b\u00e9tail &#8211; on disait \u00ab bakur\u014d \u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Il achetait et vendait des b\u0153ufs et des cochons entre Miyako et l&rsquo;\u00eele principale. C&rsquo;est pourquoi il faisait fr\u00e9quemment l&rsquo;aller-retour.<\/p>\n<p>En mars 1943, Je suis all\u00e9 \u00e0 Keelung, \u00e0 Taiwan : \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, il y avait \u00e0 Taipei une \u00ab Ecole des Postes et t\u00e9l\u00e9communications \u00bb. Je suis all\u00e9 \u00e0 Keelung pour passer l&rsquo;examen d&rsquo;entr\u00e9e, mais je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 pris. Alors gr\u00e2ce \u00e0 une connaissance, j&rsquo;ai trouv\u00e9 un emploi<\/p>\n<p>Travail au service des fortifications<\/p>\n<p>au QG du service des fortifications de l&rsquo;arm\u00e9e japonaise, \u00e0 Keelung. C&rsquo;\u00e9tait un poste de \u00ab coursier \u00bb. Mon travail consistait \u00e0 livrer toutes sortes de messages depuis notre QG \u00e0 diverses unit\u00e9s. Le QG du service des Arm\u00e9es \u00e9tait lui situ\u00e9 \u00e0 Taipei, alors parfois je faisais environ 20 kilom\u00e8tres \u00e0 v\u00e9lo pour aller y remettre des documents. Je logeais pratiquement sur place. Nous n&rsquo;\u00e9tions que deux coursiers. Nous \u00e9tions dans une grande salle qui servait \u00e9galement de mess.Nous avions \u00e9galement une chambre priv\u00e9e o\u00f9 nous dormions. Nous avions \u00e9galement des astreintes t\u00e9l\u00e9phoniques, alors nous dormions sur place un jour sur deux.<\/p>\n<p>La vie n&rsquo;avait rien \u00e0 voir avec celle de Miyako. Les rues de Keelung \u00e9taient propres et organis\u00e9es en damiers. A Ta\u00efwan, le premier \u00e9tage des b\u00e2timents est construit en surplomb de la rue. Au rez-de-chauss\u00e9e, cela forme une gallerie dans laquelle les pi\u00e9tons marchent, \u00e0 l&rsquo;abri de la pluie. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s impressionn\u00e9 par cette ing\u00e9niosit\u00e9 architecturale. Le 10 octobre 1944, Ta\u00efwan a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 la cible des chasseurs Grumman am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Frappes a\u00e9riennes \u00e0 Keelung<\/p>\n<p>Nous avons vu de nombreux avions approcher. Je suis mont\u00e9 sur le toit pour admirer le spectacle. Au d\u00e9but, nous croyions qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;avions japonais. Soudain, nous avons entendu une explosion venant du port. Nous nous sommes aper\u00e7us qu&rsquo;il s&rsquo;agissait des Grumman am\u00e9ricains. Nous nous sommes tous pr\u00e9cipit\u00e9 aux abris antia\u00e9riens. L&rsquo;attaque s&rsquo;est concentr\u00e9e sur les navires ancr\u00e9s dans le port. Ils ne s&rsquo;en sont pas pris aux installations civiles. Puis sont venus les bombardiers lourds B29. Eux n&rsquo;ont pas fait de d\u00e9tails. La ville fut ras\u00e9e.<\/p>\n<p>Keelung apr\u00e8s la guerre<\/p>\n<p>Le 15 ao\u00fbt 1945, nous avons su que l&rsquo;Empereur allait faire une d\u00e9claration \u00e0 la radio. Je suis sorti dehors avec tous mes coll\u00e8gues, pour \u00e9couter la r\u00e9dition du Japon. J&rsquo;ai pens\u00e9 que c&rsquo;\u00e9tait une bonne chose que le Japon ait perdu. Certains coll\u00e9giens avaient \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s pour \u00ab monter la garde \u00bb. Eux ont beaucoup pleur\u00e9 en entendant que le Japon avait perdu. Les soldats, eux, n&rsquo;avaient pas l&rsquo;air si choqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la fin de la guerre, Les gens qui rentraient \u00e0 Miyako attendaient pr\u00e8s du port d&rsquo;\u00eatre rapatri\u00e9s, dans les ruines d&rsquo;entrep\u00f4ts qui avaient perdu leur toit dans les bombardements. Nous y attendions de pouvoir partir. Mais l&rsquo;Arm\u00e9e nationale r\u00e9volutionnaire chinoise qui venait prendre possession de l&rsquo;\u00eele devait d\u00e9barquer \u00e0 \u00e0 Keelung depuis la Chine continentale. Les Japonais ont \u00e9t\u00e9 pri\u00e9s de s&rsquo;\u00e9loigner du port pour \u00e9viter les incidents. Finalement, nous n&rsquo;avons \u00e9vacu\u00e9 le port que le jour de leur arriv\u00e9e, et nous sommes revenus le soir-m\u00eame, apr\u00e8s leur passage.<\/p>\n<p>Le naufrage du Sakaemaru<\/p>\n<p>Juste apr\u00e8s la fin de la guerre, les gens de Miyako devaient eux-m\u00eames affr\u00e9ter des bateaux pour rentrer chez eux. Je devais embarquer sur le Sakaemaru avec la famille de mon oncle. Nous avons attendu plusieurs jours que le bateau ne l\u00e8ve l&rsquo;ancre. C&rsquo;est alors que mon cousin, qui avait \u00e9t\u00e9 chef m\u00e9canicien sur un navire m&rsquo;a dit de ne pas embarquer sur le Sakaemaru, que ce bateau \u00e9tait une ruine qui avait \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 \u00e0 flanc de colline, et qu&rsquo;il n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 flots que pour pallier le manque de bateaux. Il m&rsquo;a dit que c&rsquo;\u00e9tait dangereux d&#8217;embarquer. J&rsquo;ai alors dit \u00e0 mon oncle qu&rsquo;il valait mieux ne pas prendre le Sakaemaru. Avec sa famille, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de rester \u00e0 quai. Moi j&rsquo;ai d\u00fb embarquer sans eux car mes bagages \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 charg\u00e9es.<\/p>\n<p>Alors, comme mon cousin l&rsquo;avait pr\u00e9vu, le moteur du navire est tomb\u00e9 en panne. C&rsquo;\u00e9tait en novembre et un fort vent du nord soufflait. Sans moteur, nous avons d\u00e9riv\u00e9 \u00e0 la merci du vent, dans la direction oppos\u00e9e. Nous avons jet\u00e9 l&rsquo;ancre en face du port, pr\u00e8s d&rsquo;un rivage plein de rochers. J&rsquo;\u00e9tais sur le pont du navire, quand soudain une grande vague a retourn\u00e9 le bateau, et m&rsquo;a jet\u00e9 par-dessus bord. Au final, le navire s&rsquo;est \u00e9chou\u00e9 sur la berge. Je ne me souviens plus du chiffre exact, mais sur les 160 passagers, je crois que seulement une trentaire a surv\u00e9cu. Parmi les survivants se trouvait un gar\u00e7on de cinq ou six ans. Nous n&rsquo;avons d\u00fb notre survie qu&rsquo;\u00e0 un coup de chance.<\/p>\n<p>La population locale a accouru avec des torches pour nous aider. Quand nous arrivions pr\u00e8s du rivage, ils nous portaient jusque sur la terre ferme. Je ne me souviens pas clairement, mais nous avons pass\u00e9 une nuit dans une petite cabane pr\u00e8s du rivage. Le lendemain matin, les gens qui nous avaient sauv\u00e9s nous ont demander de l&rsquo;aide pour r\u00e9cup\u00e9rer les corps \u00e9chou\u00e9s sur le rivage. Les survivants suffisament en forme ont d\u00fb aider \u00e0 emporter les corps. Presque tous les morts ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s vers la berge. Certains avaient des organes qui leur sortaient du ventre, et d&rsquo;autres avaient le cr\u00e2ne et le visage d\u00e9form\u00e9s. En les voyant je voulais fermer les yeux.<\/p>\n<p>Le Sakaemaru \u00e9tait un petit bateau de moins de 30 tonnes. M\u00eame sans la panne de moteur, je pense qu&rsquo;un accident serait arriv\u00e9. Il y avait trop de passagers, quand j&rsquo;y repense, je me dis que c&rsquo;\u00e9tait suicidaire. Je ne me souviens pas de grand chose apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 secouru. Je me souviens avoir ramass\u00e9 les corps, mais je ne me souviens pas comment je suis rentr\u00e9 \u00e0 Miyako.<\/p>\n<p>Retour \u00e0 Miyako et march\u00e9 noir<\/p>\n<p>Vers d\u00e9cembre 1945, Je suis arriv\u00e9 sur l&rsquo;\u00eele de Miyako. Le Sakaemaru, c&rsquo;\u00e9tait en novembre, alors c&rsquo;\u00e9tait probablement en d\u00e9cembre. Les villages de l&rsquo;\u00eele de Miyako avaient \u00e9t\u00e9 ras\u00e9s par les raids a\u00e9riens. Il y avait quelques soldats am\u00e9ricains, mais pas tant que \u00e7a. L&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine \u00e9tait stationn\u00e9e \u00e0 la station m\u00e9t\u00e9o. J&rsquo;y ai travaill\u00e9 comme homme de m\u00e9nage pendant environ six mois, puis je suis devenu marin.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, il y avait des bateaux de p\u00eache au marlin qu&rsquo;on appelait des \u00ab tsukinb\u014d \u00bb. Je crois que c&rsquo;est sur un tsukinb\u014d que je me suis engag\u00e9 comme membre d&rsquo;\u00e9quipage. Quelqu&rsquo;un sur l&rsquo;\u00eele de Yonaguni poss\u00e9dait deux bateaux. Je voyageais sur l&rsquo;un d&rsquo;eux entre Yonaguni et Itoman, sur l&rsquo;\u00eele principale. Nous avons \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans le \u00ab march\u00e9 noir \u00bb pendant un certain temps. Lorsque nous quittions Yonaguni, le bateau \u00e9tait pratiquement vide. A Okinawa, nous chargions de l&rsquo;huile de moteur, des pneus et des v\u00eatements pour soldats am\u00e9ricains Le chargement se faisait au large d&rsquo;Itoman. Notre route passait toujours par l&rsquo;\u00eele de Kume. Je pense que nous devions probablement y charger quelque chose \u00e9galement. La femme du propri\u00e9taire du bateau \u00e9tait originaire de Sonai, sur l&rsquo;\u00eele de Yonaguni. J&rsquo;ai entendu dire que le propri\u00e9taire venait, lui, de l&rsquo;\u00eele de Tarama. Ils vivaient tous les deux \u00e0 Sonai. Ils poss\u00e9daient \u00e9galement une usine de katsuo-bushi (bonite s\u00e9ch\u00e9e). Nous d\u00e9chargions notre cargaison \u00e0 Sonai. Le boom \u00e9conomique \u00e0 Yonaguni a eu lieu quelque temps plus tard. Au moment o\u00f9 nous travaillions au march\u00e9 noir, l&rsquo;\u00e9conomie ne semblait pas avoir repris. Relativement peu de gens travaillaient comme nous pour le march\u00e9 noir. Ce n&rsquo;est que bien plus tard que le march\u00e9 noir a prosp\u00e9r\u00e9 \u00e0 Yonaguni. J&rsquo;ai fait 4 ou 5 voyages, et j&rsquo;ai fait ce travail pendant six mois. Je vivais entre Miyako et Yonaguni pendant ce temps.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s \u00e7a, je me suis engag\u00e9 sur le Taiheimaru, un bateau appartenant \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e par des commer\u00e7ants de Miyako, encore comme membre d&rsquo;\u00e9quipage. Le Taiheimaru chargeait du bois de construction et de chauffage \u00e0 Yaeyama, et le ramenait \u00e0 Miyako. A l&rsquo;\u00e9poque le bois venait essentiellement de Yaeyama. Nous chargions souvent \u00e0 Hirakubo. dans le nord d&rsquo;Ishigaki.Puis le Taiheimaru a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un nouveau bateau, le Bussanmaru, sur lequel je me suis engag\u00e9 \u00e9galement. Nous allions entre Okinawa et l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Amami Oshima au nord, et m\u00eame jusqu&rsquo;au village de Toshima dans les \u00eeles Tokara. Une fois, nous sommes all\u00e9s dans les \u00eeles Pratas, entre Hong Kong et Ta\u00efwan, pour en ramener des algues. Sans nous en apercevoir, nous avions d\u00e9pass\u00e9 les \u00eeles Pratas, et nous nous sommes retrouv\u00e9s pr\u00e8s des c\u00f4tes chinoises. Nous avons \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par un patrouilleur \u00e9tranger et emmen\u00e9s \u00e0 Macao. Nous y sommes rest\u00e9s environ 6 mois. Nous n&rsquo;avons pas \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s, mais le Bussanmaru a \u00e9t\u00e9 confisqu\u00e9. La compagnie voulait absolument le r\u00e9cuperer Elle a fait des pieds et des mains, et finalement elle a r\u00e9ussi \u00e0 le racheter aux ench\u00e8res. Mais il y avait un probl\u00e8me : des pi\u00e8ces importantes du moteur avaient disparu. Donc, je suis rest\u00e9 \u00e0 Macao pendant environ 6 mois. jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous obtenions les pi\u00e8ces n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Le Bussanmaru pesait environ 30 tonnes, en c\u00e8dres du Japon. Nous n&rsquo;avons jamais charg\u00e9 de marchandises \u00e0 Miyako, mais vu que nous passions par l&rsquo;\u00eele principale d&rsquo;Okinawa, nous embarquions des passagers \u00e0 Miyako pour les emmener \u00e0 Okinawa. Je suis aussi all\u00e9 \u00e0 Naze, \u00e0 Amami-Oshima, et au village de Toshima, sur l&rsquo;\u00eele de Kuchi-no-shima. A cette \u00e9poque, il y avait bien une police, mais ils n&rsquo;intervenaient pas beaucoup sur le march\u00e9 noir. Nous pouvions traverser librement la fronti\u00e8re (entre Okinawa et le Japon). A Kuchi-no-shima et Naka-no-shima, nous chargions du bois, du riz et des agrumes, nous passions par l&rsquo;\u00eele principale pour embarquer d&rsquo;\u00e9ventuels passagers, puis nous rentrions \u00e0 Miyako. Le Bussanmaru transportait \u00e9galement du bois depuis l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ishigaki.<\/p>\n<p>Employ\u00e9 dans une centrale \u00e9lectrique \u00e0 Okinawa<\/p>\n<p>C&rsquo;est en 1949 que j&rsquo;ai quitt\u00e9 le Bussanmaru pour aller sur l&rsquo;\u00eele principale d&rsquo;Okinawa. J&rsquo;avais entendu dire qu&rsquo;un ami plus \u00e2g\u00e9 de Miyako participait \u00e0 la construction d&rsquo;une centrale \u00e9lectrique \u00e0 Makiminato, Urasoe. J&rsquo;y suis all\u00e9 pour voir, et il y avait plein de gens originaires de Miyako. Les turbines et les chaudi\u00e8res de la centrale pesaient plusieurs dizaines de tonnes. A l&rsquo;\u00e9poque, il n&rsquo;\u00e9tait pas possible de les acheminer par la route. Nous les avons transport\u00e9s depuis Naha dans un LST(bateau de transport de chars) de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine. Il y avait une plage \u00e0 Makiminato, pr\u00e8s de la centrale, Nous avons d\u00e9barqu\u00e9s les machines le plus haut possible sur la plage. Puis deux par deux, nous avons amen\u00e9 de grosses poutres de 30cm d&rsquo;\u00e9paisseur, nous les avons pos\u00e9s sur le sable. Puis nous avons align\u00e9s des rondins dessus, et nous avons hiss\u00e9 les machines \u00e0 la main jusqu&rsquo;\u00e0 la centrale. C&rsquo;\u00e9tait le genre de travail que nous faisions.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9placement des charges lourdes, il y a eu toute la plomberie. Nous avons reli\u00e9 tous les tuyaux et machines. Les experts venus de la m\u00e9tropole menaient les travaux avec leurs plans, et nous les assistions. C&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai travaill\u00e9 \u00e0 la construction d&rsquo;une centrale \u00e9lectrique. Gr\u00e2ce \u00e0 cette exp\u00e9rience, j&rsquo;ai appris \u00e0 me servir des machines,comment elles fonctionnent, \u00e0 quoi elles servent\u2026 La construction s&rsquo;est achev\u00e9e, mais il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;op\u00e9rateurs \u00e0 Okinawa pour faire tourner la centrale. Lorsqu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 presque termin\u00e9e on nous a confi\u00e9 la mission de tester son fonctionnement, puis d&rsquo;op\u00e9rer la centrale.Nous avons finalement \u00e9t\u00e9 embauch\u00e9s comme op\u00e9rateurs par Toshiba, \u00e0 qui la centrale appartenait. Il faut reconna\u00eetre que nous avons eu beaucoup de chance.On nous a confi\u00e9 l&rsquo;exploitation d&rsquo;une centrale \u00e9lectrique, alors que nous n&rsquo;y connaissions rien.<\/p>\n<p>Lorsque la centrale a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e, une soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine nomm\u00e9e Gilbert a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e par l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine pour reprendre la gestion de l&rsquo;usine. Nous avons chang\u00e9 d&#8217;employeur, de Toshiba \u00e0 Gilbert. Puis la Ryukyu Electric Power Corporation a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie, et notre employeur a encore chang\u00e9. A son ouverture en avril 1953,<br \/>\nla centrale comptait4 turbines de 15,000 kW chacune. Mais la demande d&rsquo;\u00e9nergie a progressivement augment\u00e9, et la production ne suivait plus. En juin 1955 est arriv\u00e9 des Etats-Unis le Jacona, une centrale \u00e9lectrique flottante, amarr\u00e9e pr\u00e8s de l&rsquo;a\u00e9rodrome de Hamby \u00e0 Chatan, pour assurer l&rsquo;approvisionnement en \u00e9lectricit\u00e9. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 de la centrale de Makiminato sur le Jacona. Le travail \u00e9tait tr\u00e8s dur.<\/p>\n<p>Message pour la jeunesse<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on est jeune, on a le monde pour soi.Lorsque vous avez d\u00e9cid\u00e9 de faire quelque chose soyez consciencieux dans votre travail. Quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 la centrale, je m&rsquo;y suis plong\u00e9 corps et \u00e2me. Mon \u00e9ducation s&rsquo;\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire, je n&rsquo;avais pas assez de connaissances en physique ou en chimie. Or, j&rsquo;en avais besoin \u00e0 la centrale. J&rsquo;ai achet\u00e9 des livres sur le sujet \u00e0 Naha, et j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9. C&rsquo;est une bonne chose d&rsquo;\u00eatre aussi passionn\u00e9 par ce que l&rsquo;on fait. Soyez investis dans votre travail et efforcez-vous de faire de votre mieux.<\/p>\n<hr \/>\n<p>M. Kinz\u014d Sunagawa a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9 depuis Ta\u00efwan apr\u00e8s la guerre et a r\u00e9chapp\u00e9 au naufrage du Sakaemaru. Avec l&rsquo;\u00e9nergie de quelqu&rsquo;un qui a \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 la mort, M. Sunagawa a contribu\u00e9 \u00e0 la reconstruction d&rsquo;apr\u00e8s-guerre gr\u00e2ce \u00e0 sa diligence et son expertise dans le domaine de la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Miyako \u00e0 Ta\u00efwan Je suis n\u00e9 en 1928, sur l&rsquo;\u00eele de Miyako, pr\u00e8s du port d&rsquo;Harimizu (actuel port d [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-163","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archive"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/163","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=163"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/163\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":902,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/163\/revisions\/902"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=163"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=163"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.peace-museum.okinawa.jp\/testimony\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=163"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}